به یاد باد صبا ˷ be yade bade saba


पछुवा हवा ˷ a persian ballad


“ I wish I could show you when you are lonely or in darkness the astonishing light of your own being.” - Hafez






Le Divân 
Hâfez de Chiraz

Introduction, traduction du persan et commentaires par Charles-Henri de Fouchécour.

(france culture - Musique : Hossein Omoumi-Hessâr - Image du reflet du mausolée de Hafez : Amin Ghaziani)

Au XIVe siècle, alors que Dante venait de terminer sa Divine Comédie et que Pétrarque était plongé dans son Canzoniere, la poésie persane battait son plein. Le grand poète du moment s’appelait Hâfez et il écrivait des ghazals, comme son prédécesseur Rûmi. Sans doute moins mystique, moins exalté que le maître soufi, Hâfez (né vers 1315 et mort vers 1390) est l’auteur de poèmes plus ambigus.

Hâfez est le poète majeur de la poésie lyrique persane. Il vécut au quatorzième siècle à Chiraz. Les mots de ses poèmes sont ceux des spirituels de son temps, aussi ceux des fêtes à la cour, ceux des soldats ou de la chasse, du commerce, du jardin ou de la rue. Mais ses poèmes sont surtout habités du désir de voir le visage de l’Aimé, désir que ne font qu’aviver toutes les réalités du monde. Et si Hâfez jouit en Iran d’un prestige populaire qui ne s’est jamais démenti, c’est peut-être parce que l’amour a dans son œuvre une place si éminente qu’il semble effacer les frontières entre l’humain et le divin.

Hâfez a fait de « sa parole un mémorial de vie ». Cet homme habité par l’amour n’ignorait pas qu’il possédait un grand joyau avec la poésie. Ils furent nombreux à savoir le regarder. Hegel le lit. Victor Hugo invoque le nom du grand lyrique persan du XIVe dans Les Orientales. Pour Goethe, qui fait de lui son modèle et son maître, Hâfez est le visage même du poète. Dans son pays, il reste l’objet d’un culte vénérable.

Œuvre majeure de la littérature persane que ce Divân célébré par Goethe comme par Victor Hugo, et vénéré en Iran. Son auteur, Hâfez de Chiraz, incarne la figure même du poète oriental, et dans Le Divân (terme signifiant « recueil » en persan et qui englobe toute l’œuvre du poète), il aborde aussi bien des thèmes courtois traditionnels (l’être aimé, le vin, la beauté, la coupe…) que le contexte historique troublé du XIVe siècle (la fin de l’Empire mongol d’Iran), puisant son inspiration dans le soufisme, le Coran mais également dans la vie de cour, l’armée ou le commerce, et, de manière générale, dans la ville de Chiraz, où il vécut toute sa vie.

Comprenant 486 ghazal (poèmes), l’œuvre de Hâfez est traduite pour la première fois dans son intégralité en français. Toute l’érudition du traducteur, Charles-Henri de Fouchécour, est mise au service de la beauté de la langue et du souci que chacun puisse faire de cette œuvre une lecture personnelle et approfondie. 

En dépit de la complexité des codes poétiques, qui réclament des éclaircissements et des commentaires, fournis par le traducteur, on peut aborder le Divân de Hâfez avec une relative naïveté.
D’autres tentatives de transposition ont été faites par le passé, notamment par Vincent-Mansour Monteil et Akbar Tadjivi (L’amour, l’amant, l’aimé, Sindbad-Unesco-Actes Sud, 1989 et 1998). Mais on est, dans cette nouvelle traduction, au cœur de la pensée du poète, comme dépouillée de sa gangue rhétorique. Et l’aspect parfois prosaïque de cette langue nous la rend paradoxalement plus proche, dans les subtilités de ses raisonnements, sinueux dès qu’il est question de rites, de conduites conformes ou rebelles à l’ordre social et religieux, de choix individuels.


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